Cet été 2026, tous les records sont battus : canicules, vagues de chaleur, sécheresse, incendies.
On a connu 2003, 2019 et d’autres mais là c’est autre chose. Dans mon village dans le sud-ouest, les arbres meurent, les poules meurent, les haricots ne fleurissent plus et les tomates ne murissent plus. Les paysans arrêtent d’irriguer des parcelles de maïs car les fleurs sont tombées d’hyperthermie. Arroser, quand on peut, vu le niveau des rivières, maintient seulement les plantes en vie pour du fourrage ou jusqu’à l’année prochaine pour les arbres.
Les feux démarrent d’une cigarette ou d’un coup de meuleuse. En Gironde, la forêt brûle et les habitations avec. Dans le Var, à Poitiers et jusqu’en Bretagne : ça brûle.
Les vieux, même les vieux, si prompts d’habitude à rappeler qu’à leur époque c’était plus dur, finissent par reconnaître qu’en leur temps, certes on travaillait aux champs mais qu’à l’époque un été chaud c’était 32 degrés, pas 42. Dix degrés d’écart entre ce qu’on a connu et ce qu’on a maintenant. Et ce n’est que dans un monde à +1.5 degrés.
Tout le monde finit ENFIN par le voir : le changement – la destruction – climatique, est réel et en grande part irréversible. Les conséquences seront déjà immenses dès cette année : rendements agricoles en baisse majeure (y compris aux Etats-Unis et en Amérique du Sud qui attend un gigantesque El Niño), inflation alimentaire sur le maïs, donc sur la viande.
Il ne s’agit plus d’avoir « trop chaud » et d’acheter une clim. Il s’agit d’avoir de quoi manger. Sans cultures : rien. Et contrairement au fer (sans lequel il n’y a rien non plus) : personne. Ce qui, vous en conviendrez, est nettement plus embêtant. On peut certes facilement se passer d’une tablette, difficilement d’un frigo, se passer de nourriture, c’est une autre dimension parce qu’en fait c’est la mort.
Et ce n’est, encore une fois, que +1.5 degrés. Macron et ses sbires « préparent la France à un monde à +4 ». Quelle fumisterie ! D’une part parce qu’ils encouragent cette trajectoire par leur politique de subvention au capital, d’autre part parce que ça risque bien d’être plus si le méthane du permafrost est libéré, enfin parce qu’on ne peut pas adapter l’économie et la vie telles qu’elles sont à des conditions pareilles.
L’agriculture intensive : c’est fini. La bagnole : c’est fini. Le logement construit à bas coût et vendu hors de prix : c’est fini, la consommation frénétique de biens de mauvaise qualité pour satisfaire une pulsion d’achat : c’est fini. Bref tout ce qui fait l’économie capitaliste : c’est fini.
Et ça, ça commence à se voir.
Certes il y a encore des dégénérés techno-solutionnistes qui pensent qu’avec des méga-bassines (détenues par quelques actionnaires à leur unique profit) ou du nucléaire (pour quoi faire ?) ou de la fusion (aux mains de capitalistes qui n’en feront que plus de produits inutiles), tout ira bien.
Non. Rien n’ira bien, qu’on le veuille ou non. Mourrions tous et le CO² de l’air mettra encore 10000 ans à se résorber. Nous ne mourrons pas et donc on émettra encore. Et donc le méthane de l’arctique sortira. Et donc, inévitablement, nous irons vers les +4, au minimum.
Ce qui est affreux, c’est qu’on sait tout cela depuis les années 70 et le rapport Meadows. La science de l’époque avait déjà tout prévu, certes avec moins de précision que les rapports successifs du GIEC, mais avec assez de certitude pour qu’il y ait eu à l’époque toutes les raisons d’arrêter tout cela. Mais rien ne s’est arrêté. Rien.
Le capital (Exxon en tête – qui avait en interne un de ses fameux rapports et qu’ils ont enterré), a préféré « dégager du profit ». Profit qu’on nous vend comme des gains de « qualité de vie ». La belle machine à laver connectée ! La belle Tesla ! Le beau week-end en Antarctique !
Il faut la voir, la « qualité de vie », maintenant qu’on vit enfermés pendant deux mois volets fermés et que les cultures ne poussent plus. On en est à avoir une pétition « pas de volets pas de loyers ». Et qu’en parallèle, il faut surtout travailler pour « rembourser la dette » — qui n’a servi qu’à renflouer ces mêmes capitalistes quand ils se prenaient un retour de bâton avec leurs propres jeux : subprimes, dotcom, bientôt IA et crédit privé.
Alors que faire ? Il faut tenter de vivre !
Et tenter de vivre, c’est commencer par savoir dans quoi, ensuite quoi changer, ensuite comment.
Dans quoi, c’est : trop chaud, affamés, exploités jusqu’à la moelle. J’en viens à craindre pour mes propres enfants.
Quoi changer c’est : les capitalistes qui brûlent la terre et les travailleurs pour accroître leur monstrueux tas de fric. Je ne le dirai jamais assez. Ils sont coupables. Ils savaient. Ils ont continué et un jour, quand on aura le temps, il faudra les juger dans un grand Nuremberg du climat, en attendant saisir tous leurs biens et refonder complètement la production, le logement, la terre, la société. Leur retirer tout et le distribuer. Fonder enfin la démocratie qui aura de quoi faire : assurer notre propre survie plutôt que savoir s’ils sont assez riches et nous pas trop pauvres.
Comment : c’est la partie compliquée. Mais il n’y a pas 50 options : il n’y a qu’une alternative : extinction capitaliste ou révolution communiste internationale. Dans un premier temps, la carte électorale française (nous avons particulièrement souffert cette année), doit ressembler en couleur à celle de la météo du mois de juin : ROUGE. Et pas un rouge à ramolli : un rouge pétard. Un rouge qui claque. Un rouge qui dans sa seule couleur annonce qu’il veut tout renverser parce qu’il n’a pas le choix, que c’est pour le bien commun et que ce sera ainsi, par un moyen ou un autre. Un rouge violent, qui crache aux yeux des journalistes complices, qui fait peur aux oligarques, qui fait vomir dans le 11ème, parce qu’un rouge conséquent, déterminé et sûr de lui.
Donc jeunes gens, moins jeunes, plus vieux et très vieux : battez vous par tous les moyens. Ecriture, parole, syndicalisme, vote, réunions publiques, production artistique, ou autre chose. Faites tout ce qui est possible pour nous sauver : « Envolez-vous, pages tout éblouies » !
